Dans cet article, nous répondons à une question d’une de nos membres qui vient de débuter le Fil d’Ariane, notre formation de bases du dessin.
« Dois-je dessiner sur chevalet avec support vertical ou bien sur feuille, cahier à plat ? »
En soi vous êtes libres de travailler comme bon vous semble.
Déjà parce qu il n’y a pas qu’une seule bonne manière de travailler.
Et puis parce que votre dispositif de travail dépend de différents paramètres.
Votre dispositif de travail dépend de différents paramètres
Votre espace de travail
Êtes vous chez vous, dans un espace que vous avez entièrement dédié au dessin ?
Dans ce cas, rien ne bouge et dès que vous vous y mettez, c’est prêt.
Ou bien, au lieu d’être dans un confort installé, êtes vous par exemple en dehors de chez vous, en voyage et vous dessinez dans la rue ?
Vos habitudes
En général, on a tendance à dessiner comme on a appris à écrire c’est à dire sur un plan horizontal, la main en appui sur la feuille de papier et puis on s’applique.
Vos sensations
Comment sentez-vous ce que vous faites ?
Par exemple pour certains le plan incliné est très utile car il permet de se tenir plus droit et cela libère le geste. Cela fait aussi moins mal au dos.
Le dessin et le sujet observé étant sur un même plan on perd ainsi moins d’informations quand on passe de l’observation au dessin.
Mais en règle générale la vérité c’est que vous n’êtes pas très attentif à vos sensations.
A la place vous êtes totalement déportés vers l’objectif qui est celui du dessin que vous êtes en train de réaliser.
Vous êtes plutôt préoccupés par la questions » comment il faudrait faire ? « que par la question » Dans quelle situation je suis pour le faire ? »
Votre installation a un impact sur votre dessin
Votre dispositif de travail a une incidence sur la manière dont vous travaillez et donc sur les résultats que vous obtenez.
Ainsi il est très pertinent de questionner ce dispositif.
Installation et geste
Votre dispositif de travail a d’abord une incidence sur votre geste.
Et cela est particulièrement important lorsque vous êtes débutant.
L’élève qui nous a posé la question qui a abouti à la rédaction de cet article de blog travaille d’ailleurs le premier épisode de la formation du Fil d’Ariane.
Un épisode où l’on apprend à délier la main en approchant le sujet par formes ovoïdes.
Un des premiers objectifs pour le dessinateur débutant est de ne plus dessiner comme un écolier. Mais de libérer son geste pour pouvoir visiter son sujet de la manière la plus rapide et la plus cohérente possible.
On travaille très différemment selon qu’on soit sur un plan horizontal ou sur un plan incliné, assis ou debout.
En effet cela met en jeu le corps d’une manière totalement différente.
Travailler debout ou sur un plan incliné permet de libérer la main puisqu’elle n’est plus en appui sur le support.
La main est libre, le poignet est dévérouillé, l’épaule est débloquée.
Les gestes se font plus amples avec l’avant-bras et l’ensemble du bras.
Bien sûr ces mouvements amples nous font perdre un peu en précision.
Mais lors d’un travail de proportions, dans les premiers moments du dessin, on n’a pas besoin de précision.
On a au contraire besoin d’avoir une vision d’ensemble et des gestes qui nous permettent de circuler le plus rapidement possible.
On passe ainsi rapidement d’un extrême à l’autre du sujet
Installation et recul
Lorsqu’on dessine, on a la fâcheuse tendance de s’écraser sur sa feuille, ce qui crée 3 inconvénients majeurs.
- On est trop concentré sur son dessin au dépend de son observation
- On perd des informations dans cet espèce de va et viens constant qui s’opère entre l’observation et le tracé.
- On a une mauvaise vision d’ensemble car on a le nez collé à sa feuille et on se perd dans les détails.
Quel que soit votre dispositif de travail, que vous soyez à plat ou sur plan incliné, prenez du recul par rapport à votre dessin !
Tenez vous droit quand vous dessinez, même si c’est plus fatiguant.
Dessiner c’est fatiguant ! mentalement et physiquement, un peu comme du sport.
Et puis varier son dispositif de travail est également un excellent moyen de s’adapter à différentes situations.
Installation et adaptabilité
Une des grandes qualités du dessinateur c’est sa faculté d’adaptation.
C’est ce qui lui permet de dessiner dans toutes les situations et lui ouvre la possibilité de traiter des sujets beaucoup plus variés.
Plus vous vous exercez à cette souplesse d’adaptation, plus vous serez en mesure de dessiner, quelle que soit la situation, qu’elle soit confortable ou non.
Vous expérimentez ainsi votre geste dans différentes situations et vous l’apprivoisez de manière plus précise.
Même si au départ, cela se fait de manière très instinctive, vous verrez que cela vous permettra d’avoir un choix plus précis dans les gestes que vous utiliserez à des moments différents.
Mais au départ, il faut bien prendre une simple habitude qui est d’explorer un peu ce registre de gestes qui dépasse le simple registre qu’on utilise dans le confort de l’habitude.
Sortez du confort !
Puisqu’il n’y a pas vraiment une bonne et unique façon de faire, en général on a tendance à s’en remettre au confort de l’habitude.
Méfiez vous du confort et de l’habitude !
Car la qualité d’un bon entraînement c’est d’abord la variété.
Et la variété c’est de l’inconfort !
Et le premier exercice que nous donnons dans le fil d’Ariane, est tout à fait le genre d’exercice qui est à répéter régulièrement, quel que soit votre niveau.
En effet les moyens sont extrêmement simples et puis il n’y a aucun enjeu !
Cela vous permet donc de multiplier les dessins et donc de travailler vite, tout en exerçant à la fois votre oeil et votre geste et en testant différents outils.
Vous engrangez ainsi un maximum d’expérience avec finalement, un minimum d’effort.



