Il y a quelques temps, sur la communauté, Aurore, jeune maman et fraîchement arrivée sur un autre atelier nous expliquait son enthousiasme… et son inquiétude :
« J’ai un bébé de 5,5 mois dont je m’occupe à temps plein jusqu’à septembre. A compter de septembre, j’instaurerai, une pratique quotidienne mais d’ici là, j’ai du mal à avoir de la visibilité sur le temps que j’arriverai à me dégager. Pour le moment..j’espère entre une à trois fois par semaine… J’espère que cela sera suffisant pour intégrer les leçons du « fil d’Ariane ».
Cette inquiétude de ne pas avoir assez de temps ne concerne pas que les abonnés un autre atelier.
Tous les dessinateurs peuvent y être confrontés et bien vite dessin peut rimer avec culpabilité ou sentiment de ne pas être à la hauteur.
Et lorsque ces émotions négatives s’immiscent, elles peuvent malheureusement ouvrir la porte au découragement et à l’abandon.
Très vite, d’autres dessinateurs ont répondu à Aurore en trois excellents conseils que je suis heureuse de partager avec vous aujourd’hui.
1 Des petites plages de dessin dans une vie bien remplie
« En prenant 2×2 h le week-end + 1/2 h par-ci par-là, je suis presque parvenu au terme du Fil d’Ariane. La formule en ligne permet de fractionner l’apprentissage et de l’adapter à ton emploi du temps. «
écrit Olivier
« Commence tranquillement à ton rythme »
renchérit Joël
« Pas de stress ! Chacun son rythme, certains vont vite d’autres non » confirme Alexandra
N’attendez pas de disposer de plages horaires parfaites.
Ne tordez pas votre vie pour le dessin :
C’est le dessin qui s’adapte à votre vie, pas l’inverse.
Il n’existe pas un rythme idéal.
Il existe votre rythme.
- Certains se fixent un nombre d’heures par semaine, comme un rendez-vous avec eux-mêmes.
- D’autres préfèrent un cap mensuel : « terminer tel chapitre », «remplir un carnet » » faire 10 portraits » etc.
- Mais beaucoup avancent à vue, par petites touches, selon les saisons de la vie.
Le dessin s’accommode très bien des vies imparfaites.
Il se glisse entre deux obligations, se nourrit des temps morts, se déploie parfois quand on s’y attend le moins.
Ce qui compte, ce n’est pas la vitesse, mais la manière dont vous habitez cette activité.
2 Dessinez en vivant
Et Jean-Luc ajoutait cette phrase :
Pas le temps ? Et bien peu importe ce que je fais course à pied, travail, bus, famille supermarché et même en discutant ou au cinéma, pas de feuille pas de stylo 🤓
J’ai pris l’habitude de dessiner en observant.
J’ouvre la « boîte à outils » dont Charlotte et Laurent nous ont transmis et je m’amuse, je m’éduque le regard …
et quand je peux saisir une feuille et un stylo et bien je ne pars plus de zéro! Je suis toujours chaud 😂
Et ça va même en rêvant 🤣🤣🤣
Car dessiner c’est avant tout regarder autrement, prendre le temps d’observer ce sur quoi notre regard aurait habituellement glissé sans s’y attarder.
Ainsi, même sans dessiner de manière effective, quand vous contemplez avec un regard de dessinateur ou de peintre, vous progressez !
La boîte à outils dont parle Jean-Luc c’est le vocabulaire du dessin que nous enseignons dans nos formations : saisir les grandes formes et leurs contre formes, les orientations, les chevauchements, les contacts, les contrastes de valeur et de couleurs etc
Dits comme ça, ces outils peuvent sembler austères mais ils sont en réalité intimement ancrés dans ce qui nous émeut au quotidien :
Le vert tendre des bourgeons, la silhouette des toits à contre jour, l’expression apaisée d’un proche endormi.
En dessinant vous développer un regard plus intense sur la vie.
En regardant intensément la vie, vous donnez du sens au fait même de dessiner ET vous progressez en dessin !
3 Restez sur le chemin
Et Sylvie de conclure magnifiquement cette discussion en disant :
« J’ai fini par me dire « peu importe la rapidité sur le chemin », ça n’empêche pas de rester sur le chemin. »
Que vous soyez élève chez nous ou simple lecteur de passage, je vous souhaite à tous de garder cela avec vous : le dessin n’est pas une course à cocher des cases, des objectifs à atteindre, un niveau à conquérir.
C’est avant tout une conversation vivante avec le monde et avec vous-même.
Et cette conversation accepte tous les rythmes ☺️



