Je suis allée voir mardi dernier l’exposition Mickalene Thomas au Grand Palais et en ce moment je dois dire que je vois du collage partout, alors je me suis dit qu’il fallait qu’on en parle 😊
Le collage, ce mal-aimé
Le collage n’a pas très bonne réputation.
On l’associe aux classes maternelles, à une activité bricolée, à quelque chose de « pas sérieux”, de peu ambitieux.
Le médium de ceux qui ne savent pas encore dessiner.
Et pourtant…
A mon sens, le collage est probablement l’un des médiums les plus puissants pour faire co-exister poétiquement des formes et des esthétiques.
Être multiple
Et je dois dire que j’ai été époustouflée par certaines des oeuvres de Mickalene Thomas qui crée grâce au collage/assemblage un cocktail particulièrement explosif.
Chez elle le collage permet de concilier les différentes cultures qui la constituent d’une manière à la fois intuitive et d’une redoutable intelligence.
Ingres rencontre le canapé en velours, le wax et les strass, les paysages impressionnistes croisent la culture pop, le glamour rétro et les beautés stéréotypées s’entrechoquent avec des images de femmes libres et sauvages.
Pour tous ceux qui se sentent tressés de plusieurs influences, le collage permet de réunir ces fragments disparates et ces strates d’apparence contradictoire en une image unifiée et affirmée.
Si vous allez voir l’expo vous y verrez des tableaux majestueux mais pas seulement.
Approchez vous des petits formats que j’ai trouvé particulièrement habités et intimes.
Il est aussi particulièrement intéressant de se pencher au dessus des vitrines et de découvrir son processus créatif et ses tous premiers assemblages de recherche.
Célébrer l’existant
Lors de la dernière Masterclass sur un autre atelier, nous avons découvert les assemblages de Florence Obrecht.
Chez elle l’ idée de récolter, recycler, relier et célébrer ce qui est déjà là.
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Bouts de tissus, boutons, jouets, vieilles photos oubliés et rencontrés dans sa déambulation quotidienne deviennent des points de départ et revivent au sein de ses oeuvres.
Florence ne les utilise pas uniquement comme matériel disponible et recyclé. Elle se laisse émouvoir de ce qu’ils portent de mémoire pour tisser entre eux de nouvelles relations et mettre en forme des oeuvres chargées de souvenirs.
Manipuler – Expérimenter
Enfin, le collage est également un outil de recherche particulièrement puissant.
Dans les premières séances de notre dernier workshop Figure sur le seuil, les participant.es se sont prêté.es au jeu de composer à l’aide de silhouettes découpées, déplacées sur la feuille et simplement ré-haussées de quelques lignes.
Dans le travail de la composition où il s’agit d’organiser les éléments dans le cadre, le collage est un outil redoutablement efficace :
- Il permet de manipuler rapidement les éléments sans avoir à les dessiner entièrement.
- Il rend visible immédiatement l’équilibre des formes, la tension entre les pleins et les vides.
- Il favorise l’expérimentation, sans pression du « beau dessin » ou du « beau détail »
- Il invite à considérer l’impact du placement et à voir comment un léger mouvement, un minuscule déplacement peut tout changer ou tout faire basculer.
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C’est précisément cette qualité de manipulation rapide et parlante qui rend le collage si précieux pour qui veut envisager des solutions formelles et structurer une composition avant de s’engager éventuellement dans un dessin plus poussé.
Après avoir été étrenné par le groupe PREMIUM, le workshop « Figure sur le seuil » est d’ailleurs désormais accessible à tous nos membres 🚀
Collage- bien aimé
Et puis, n’ayons pas peur de le dire.. le collage ravive des souvenir et des plaisirs d’enfance dont nous aurions tort de nous passer. C’est ainsi que Michèle, membre de la communauté m’a écrit récemment :
Michèle nous avait fait le grand plaisir de nous présenter son travail de collage lors d’un live du mardi soir. 🙏
En voici un bel exemple..
J’ espère, à l’issue de cette newsletter, avoir contribué à vous faire apprécier le collage et vous avoir ouvert quelques pistes ❤️






