Le guide complet du matériel pour dessiner

diificile de repérer le matériel de dessin dont vous avez besoin

Vous voilà dans les rayons de votre enseigne de matériel pour dessiner préférée. Quel plaisir de déambuler dans cette caverne d’Ali Baba du dessinateur, n’est-ce pas ? Pourtant, cette émotion peut vite laisser place à une autre, bien moins agréable : l’embarras face à la difficulté à faire les bons choix. Car sans repères, il est facile d’acheter trop, trop tôt, ou simplement à côté de sa pratique. Alors, avant de céder à l’appel de la belle boîte de crayons ou du carnet au papier prometteur, prenons le temps de faire le tri : ce qui vous sera utile dès le départ, ce que vous pourrez ajouter plus tard, et ce qui risque surtout d’encombrer votre table sans faire avancer votre dessin.

Table des matières

Quel papier et quels supports de dessin ?

Le papier à dessin est bien plus qu’un simple support. Il influence votre geste, la pression de votre main, la netteté des contours, la profondeur des valeurs et la manière dont votre dessin supporte les corrections.

C’est souvent quand le papier résiste mal que l’on comprend son importance :

  • une feuille qui peluche après deux coups de gomme
  • un papier trop fin qui se froisse
  • une surface trop lisse sur laquelle le crayon glisse sans accrocher, ou au contraire un grain trop marqué qui empêche de préciser un détail

 

Le choix du papier conditionne donc une bonne partie de votre travail.

Quel papier choisir pour dessiner ?

Pour choisir un papier, cinq critères méritent votre attention :

  • le grammage
  • le grain
  • la blancheur
  • la résistance au gommage
  • la présence ou non d’acide

 

Le grammage indique l’épaisseur et la tenue du papier. Pour les techniques sèches comme le graphite, le fusain ou les crayons de couleur, un papier entre 120 et 200 g/m² convient dans la plupart des cas. Pour les techniques humides, mieux vaut monter en épaisseur afin que la feuille ne gondole pas.

Le grain désigne la texture de la surface. Plus il est lisse, plus le trait peut être net. Plus il est marqué, plus il accroche la matière. Ce critère change beaucoup de choses 

  • la manière dont le crayon dépose le graphite
  • la facilité à créer des dégradés
  • la possibilité de travailler des textures ou de superposer les couches

 

La blancheur joue sur le contraste. Un papier très blanc fait mieux ressortir les gris et les noirs. Un papier teinté donne une atmosphère plus douce, parfois plus agréable pour le croquis ou le dessin d’étude.

La résistance au gommage compte si vous construisez votre dessin par étapes. Certains papiers acceptent plusieurs corrections. D’autres se fatiguent vite, gardent des traces ou s’abîment en surface.

Enfin, un papier sans acide jaunit moins avec le temps. Ce n’est pas le premier critère pour un carnet d’exercices, mais il devient utile si vous souhaitez conserver certains dessins.

 

Papier lisse, grain fin ou gros grain : que choisir ?

Un papier lisse convient aux traits nets, aux contours précis, aux hachures fines et aux dessins qui demandent du détail. Il peut être intéressant pour le portrait au graphite, l’encre et les croquis structurés. En revanche, il pardonne peu les hésitations. Il trahira également un trait appuyé, une gomme insistante ou une valeur mal posée.

Un papier à grain fin offre un bon équilibre. Il accroche assez la matière pour travailler les valeurs, sans empêcher la précision. Ce support confortable s’avère idéal pour progresser, car il permet de pratiquer plusieurs techniques : esquisse, ombres, modelé, croquis d’observation, études de formes.

Un papier à gros grain produit un rendu plus texturé. Il convient bien au fusain, au pastel, à la craie, aux effets de matière ainsi qu’aux dessins où l’on cherche une présence plus visible du support. Pour un dessin très détaillé, en revanche, il peut devenir gênant car le grain prend le dessus sur la précision du trait.

Bloc, carnet ou feuilles volantes ?

Le carnet est un bon compagnon de pratique. Il garde la trace de vos essais, de vos ratés et de vos progrès. Il convient bien au croquis quotidien, aux recherches rapides, aux observations prises sur le vif. Son intérêt majeur ?  Il aide à installer une continuité dans votre pratique.

dessinateur sur papier ordinaire

Le bloc à dessin convient davantage au travail à domicile. Il offre un support stable, des formats plus confortables et des feuilles faciles à détacher. C’est un bon choix pour les exercices plus longs, les études de valeurs, les portraits ou les compositions que vous voulez reprendre sur plusieurs séances.

Les feuilles volantes sont utiles si vous aimez choisir votre papier selon l’exercice. Elles permettent aussi de travailler sur des formats plus grands ou de conserver certains dessins à part.

Quel format de papier choisir ?

Le format A5 convient aux croquis rapides, aux carnets de poche et aux petites études. Il encourage la régularité, mais enferme le geste, du fait que vous travaillez toujours petit.

Le format A4 reste le plus polyvalent. Il permet de dessiner à la maison, de faire des exercices d’observation, de travailler des valeurs, mais aussi de construire une figure sans manquer trop vite d’espace.

Le format A3 favorise l’amplitude du geste. Il devient intéressant pour les dessins plus construits. Il oblige aussi à engager davantage le bras. Cet aspect primordial pour progresser peut se travailler avec des exercices quotidiens de dessin.

Quel papier utiliser selon la technique pratiquée ?

Chaque technique entretient un rapport différent avec le papier.

Technique

Type de papier conseillé

Pourquoi ?

Graphite

lisse à grain fin

Vous gardez de la précision tout en travaillant vos valeurs.

Fusain

grain marqué

Vous accrochez la matière et obtenez des noirs profonds.

Crayons de couleur

grain fin à moyen

Vous pouvez superposer les couches sans saturer trop vite.

Feutres à alcool

anti-transfert et peu poreux

Vous limitez les bavures et protégez le support.

Encre

lisse et résistant

Vous évitez que le trait fuse ou traverse la feuille.

Pastel

grain marqué

Vous pouvez mieux retenir les pigments.

Technique humide

épais (200 g/m2 minimum)

Votre support supporte mieux l’eau et les reprises.

Le tableau ci-dessus donne des repères, pas des règles fermées. Rien ne vous empêche d’expérimenter. Un papier inattendu peut produire un effet intéressant. Mais pour apprendre, mieux vaut d’abord partir d’un support adapté. Vous saurez ainsi si la difficulté vient de votre geste, de votre technique ou du papier lui-même. Et pour plus d’informations sur le sujet, lisez notre article dédié au papier à dessin.

Les erreurs fréquentes dans le choix du papier

  1. Choisir un papier trop fin supportant mal les corrections, les superpositions et les techniques un peu appuyées.
  2. Acheter un papier trop précieux. Un beau carnet peut donner envie de dessiner, mais il peut aussi intimider. Si vous n’osez pas l’ouvrir par peur de gâcher la première page, il ne vous aide pas beaucoup.
  3. Confondre texture et qualité. Un gros grain n’est pas meilleur qu’un grain fin. Il sert à autre chose. Retenez que le bon papier reste celui qui correspond à votre usage.
  4. Travailler toujours sur le même format. Un petit carnet affine l’observation rapide. Une grande feuille libère le geste. En variant les supports, sans les multiplier sans raison, vous comprenez comment votre dessin se transforme au contact de la surface.

Quels crayons choisir pour dessiner ?

Le crayon reste l’outil de base du dessinateur. Selon sa dureté, son inclinaison, la pression de votre main et le papier utilisé, il ne produit pas le même trait. Un crayon peut glisser, accrocher, griser, noircir, rayer, déposer une matière douce ou marquer la feuille. Bien choisir ses crayons, comme vous l’apprend cet article, c’est se donner les moyens de mieux doser son geste.

différents crayon à dessin avec des caractéristiques différentes

Les crayons graphite : la base pour apprendre à dessiner

Le crayon graphite est composé de graphite et d’argile. Plus la mine contient de l’argile, plus elle est dure et claire. Plus elle contient de graphite, plus elle est tendre et foncée.

Cette différence change votre manière de dessiner.

  • Un crayon dur convient bien aux traits légers, aux repères de construction, aux contours précis.
  • Un crayon tendre permet d’obtenir des valeurs plus sombres, des ombres plus présentes, un trait plus souple.


Le piège consiste à croire qu’il suffit d’appuyer plus fort pour obtenir une ombre plus intense. En réalité, une ombre se construit par le choix de la mine, la pression, les superpositions et le rapport entre les valeurs claires, moyennes et foncées. Un crayon trop dur appuyé avec insistance risque surtout de graver le papier. Un crayon trop tendre utilisé sans retenue peut saturer la surface et rendre les corrections difficiles.

Comprendre les graduations H, HB et B

Les lettres indiquent la dureté et la noirceur de la mine.

  • H signifie hard : la mine est dure, le trait clair et fin ;
  • B signifie black : la mine est tendre, sombre et plus généreuse ;
  • HB se situe entre les deux, avec un équilibre utile pour l’esquisse et le dessin courant.


Plus le chiffre augmente devant H, plus le crayon est dur. Plus le chiffre augmente devant B, plus le crayon est tendre et foncé.

Graduation

Usage conseillé

2H

Repères très légers, dessin technique, traits fins

H

Construction claire, contours précis, premières lignes

HB

Esquisse générale, croquis, usage quotidien

2B

Trait souple, premières ombres, valeurs légères

4B

Ombres plus présentes, modelé, contrastes moyens

6B

Valeurs foncées, accents, noirs plus profonds

8B

Contrastes appuyés, effet sombre, usage ponctuel

Le tableau ci-dessus donne des repères. Pour commencer, vous n’avez pas besoin de posséder toute la gamme.

Quels crayons choisir quand on débute ?

Pour débuter, trois ou quatre crayons suffisent : HB, 2B, 4B et éventuellement 6B.

  • Le HB sert à chercher. Il permet de placer les grandes formes, tester une proportion, poser un axe ou construire une silhouette sans trop marquer la feuille.
  • Le 2B donne un trait plus souple. Il aide à entrer dans les premières ombres, à rendre un contour plus vivant, à travailler avec moins de raideur.
  • Le 4B permet de poser des valeurs plus présentes. Il devient utile lorsque vous voulez donner plus de poids à une ombre, marquer un volume ou renforcer certains contrastes.
  • Le 6B sert aux accents sombres. Il doit être utilisé avec mesure, sur les zones qui demandent une intensité particulière : une ombre portée, une pupille, un pli profond, un contraste fort dans une composition.

 

Avec cette petite gamme, vous pouvez déjà travailler l’essentiel : le trait, la pression, les valeurs, les contrastes, les corrections. Une boîte de douze ou vingt crayons peut bien attendre !

Pourquoi une petite gamme suffit souvent ?

Une grande boîte de crayons donne une impression de précision. Elle peut aussi compliquer le travail. Devant trop de choix, on se demande quel crayon prendre au lieu de regarder le dessin.

Pour progresser, il vaut mieux connaître quelques crayons que posséder toute la gamme sans les comprendre. Un HB, un 2B et un 4B permettent déjà de sentir trois rapports différents au papier : construction légère, trait souple, valeur plus dense.

Cette limitation a un intérêt pédagogique. Elle oblige à varier la pression de la main, à superposer les passages, à comparer les valeurs. Vous apprenez ainsi à dessiner avec votre regard et votre geste, plus qu’avec le changement d’outil.

Ce que chaque crayon apprend à votre main

Un crayon dur apprend la retenue. Il invite à construire avec légèreté, à préparer le dessin, à chercher sans salir. Il devient dangereux si vous compensez sa clarté en appuyant trop fort, car le papier garde alors des sillons que la gomme retire mal.

Un crayon tendre apprend le dosage. Il donne vite une valeur forte, mais demande une main plus attentive. Il peut produire de beaux noirs, à condition de ne pas écraser la mine dès le premier passage.

Un crayon moyen, comme le HB ou le 2B, apprend la souplesse. Il permet de passer du trait à l’ombre, du croquis rapide au dessin plus posé. C’est souvent avec lui que l’on comprend le mieux la relation entre la pression de la main et le résultat obtenu.

le matériel a un impact sur la sensation de la main pendant le dessin

Le critérium : précision et régularité

Le critérium garde une pointe fine et stable. Son usage est pertinent dans les cas suivants :

  • détails
  • petites hachures
  • contours nets
  • dessin technique
  • croquis propres.

 

Il évite aussi d’avoir à tailler son crayon pendant la séance.

Néanmoins, il présente des limites. Le critérium encourage souvent un travail du bout des doigts, plus contrôlé, parfois plus crispé. Pour les grands volumes, les ombres larges ou les gestes amples, un crayon graphite traditionnel offre plus de liberté.

Le critérium trouve donc bien sa place pour préciser un dessin. Pour apprendre à varier les appuis, engager le bras et explorer la matière, gardez aussi des crayons classiques.

Fusain, pierre noire, sanguine : quand changer d’outil ?

Après le graphite, d’autres outils peuvent enrichir votre pratique.

Le fusain permet de travailler par masses. Il donne des noirs profonds. Il s’efface également bien et invite à penser la lumière, l’ombre et le volume avant le contour. Il convient aux études rapides, au modèle vivant, aux grands formats et aux dessins où le geste doit rester visible.

La pierre noire produit un trait dense, plus stable que le fusain. Elle donne de la force au dessin tout en gardant une certaine précision. Elle convient bien au portrait, à la figure, aux drapés ou aux études où l’on cherche des noirs soutenus.

La sanguine apporte une chaleur particulière. Elle évoque la peau, la terre, les volumes du corps. Elle est intéressante pour les études de visage, de mains, de morphologie ou de modèle vivant.

Ces outils ne sont pas nécessaires dès le départ. Ils deviennent utiles lorsque vous voulez sortir du graphite et explorer une autre relation à la ligne, à la masse ou à la lumière.

Crayons de couleur, stylos et feutres : d’autres logiques de dessin

Les crayons de couleur demandent de penser par couches. On ne travaille pas seulement avec une teinte, mais avec des superpositions, des transparences, des mélanges optiques et des intensités progressives. Le choix du papier compte beaucoup : un grain trop faible limite les couches, un grain trop marqué peut gêner les détails.

Les stylos et liners imposent une autre discipline. Le trait ne s’efface pas. Il faut accepter la décision, construire avec les lignes déjà posées, transformer parfois une hésitation en partie du dessin. C’est un bon exercice si vous corrigez trop au graphite.

Les feutres et marqueurs travaillent davantage par aplats, zones colorées et valeurs préparées. Ils demandent un papier adapté, surtout pour éviter les bavures et les traversées d’encre.

Quel matériel pour gommer, tailler et estomper ?

Un dessin se construit rarement d’un seul trait. On cherche, on reprend, on allège, on renforce, on corrige une proportion, on retrouve une lumière. Les outils pour gommer, tailler et estomper accompagnent ce travail de reprise.

Ils méritent donc d’être choisis avec autant d’attention que les crayons. Une gomme trop agressive peut abîmer le papier. Une estompe utilisée sans mesure peut salir les valeurs. Une mine mal taillée peut limiter votre geste.

la gomme : un outil très utile au dessinateur aguerri

La gomme blanche classique

La gomme blanche sert aux corrections franches : retirer un trait trop marqué, nettoyer une petite zone, reprendre une erreur de construction. Elle reste l’outil le plus simple à avoir dans sa trousse.

Son usage demande tout de même un peu de retenue. En gommant trop souvent ou trop fort, vous risquez d’abîmer la surface du papier, de laisser des traces ou de créer une zone plus difficile à retravailler. Pour cette raison, il vaut mieux construire vos premiers traits avec légèreté, plutôt que compter sur la gomme pour tout réparer ensuite.

La gomme blanche corrige. Elle ne doit pas devenir une manière d’éviter chaque hésitation. Dans l’apprentissage du dessin, certains traits de recherche ont leur utilité : ils montrent le chemin du regard et aident à comprendre comment la forme se construit.

La gomme mie de pain

La gomme de précision intervient sur les détails. Sa forme fine permet de retirer de petites touches de matière :

  • éclat dans un œil, mèche de cheveux
  • lumière sur un contour
  • texture d’un tissu
  • détail dans une zone d’ombre


Elle devient utile quand le dessin est déjà construit. Utilisée trop tôt, elle peut donner envie de fabriquer des détails avant d’avoir posé les grandes masses. Or un portrait ne tient pas grâce à trois reflets dans les yeux, mais grâce à la justesse des proportions, des volumes et des valeurs.

Gardez-la donc pour les reprises fines, les finitions ou les zones où la lumière demande plus de netteté.

Le taille-crayon, le cutter et le papier abrasif

La manière de tailler un crayon modifie le trait. Un taille-crayon donne une pointe courte, régulière, pratique pour les croquis, les contours et l’usage courant. C’est la solution la plus simple.

Le cutter permet de dégager une mine plus longue. Cette taille demande de la prudence, mais elle offre plus de liberté : vous pouvez dessiner avec la pointe pour préciser, ou avec le côté de la mine pour poser des valeurs plus larges. Ce type de taille convient bien au travail des ombres, aux grands formats et aux gestes plus amples.

Le papier abrasif affine la mine sans retailler tout le crayon. Il permet d’obtenir une pointe plus précise, de nettoyer un fusain ou d’ajuster l’angle d’une mine avant un passage délicat.

L’estompe, le chiffon et les pinceaux

L’estompe sert à fondre les valeurs avec précision. Elle donne un rendu plus doux, mais elle doit rester au service du dessin.

Le risque consiste à l’utiliser pour masquer un manque de construction dans les valeurs. Une ombre mal posée ne devient pas juste parce qu’elle est fondue. Elle devient souvent grise, molle, sans direction. Avant d’estomper, observez la place des valeurs :

  • Où est la lumière ?
  • Où commence l’ombre ?
  • Quelle zone doit rester nette ?
  • Quelle transition peut devenir plus douce ?

Le chiffon convient aux surfaces plus larges, surtout avec le fusain ou le graphite tendre. Il permet d’unifier une zone, mais retire vite de la précision. Le pinceau sec donne un fondu plus léger. Il adoucit sans écraser.

Mieux vaut éviter d’utiliser les doigts par réflexe. La peau dépose du gras sur le papier, ce qui peut créer des traces difficiles à reprendre. Les doigts peuvent servir ponctuellement, mais ils manquent de précision et salissent vite la surface.

Le fixatif

Le fixatif stabilise les techniques poudreuses comme le fusain, le pastel ou certains crayons très tendres. Il limite les frottements, les traces et les dépôts de matière d’une feuille sur l’autre.

Son application demande de la prudence. Il s’utilise à distance, en couches fines, dans un espace aéré. Une pulvérisation trop proche ou trop chargée peut foncer le dessin, créer des taches ou modifier les valeurs. Avant de fixer un dessin important, testez le produit sur une feuille d’essai.

Le fixatif ne remplace pas une bonne conservation. Pour protéger vos dessins, pensez aussi aux pochettes, papiers intercalaires, cartons à dessin et rangements à plat. Un dessin au fusain ou au pastel reste fragile, même fixé.

Un test simple pour comprendre les gommes

Prenez une feuille, remplissez trois petits rectangles avec une valeur grise au crayon 2B ou 4B.

Sur le premier, effacez une zone avec une gomme blanche. Sur le deuxième, éclaircissez par petites pressions avec une gomme mie de pain. Sur le troisième, tracez une ligne lumineuse avec une gomme de précision.

Vous verrez vite que ces trois gommes ne produisent pas le même effet. L’une corrige, l’autre éclaircit, la troisième précise. Cette différence aide à mieux choisir votre geste au lieu de gommer toujours de la même manière.

Quels accessoires utiles pour dessiner plus facilement ?

Certains accessoires peuvent améliorer votre confort de travail. Ils ne sont pas tous indispensables, et ne répondent pas aux mêmes besoins.

La règle, l’équerre, le compas et les pochoirs

La règle, l’équerre et le compas s’avèrent utiles pour les sujets construits : architecture, objets géométriques, cadres, marges, composition, mise en page. Ils apportent de la précision lorsque le dessin demande des lignes droites, des angles ou des mesures stables.

En dessin d’observation, leur rôle doit rester mesuré. Ils peuvent aider à vérifier un alignement ou poser un repère, mais ils ne remplacent pas l’apprentissage du regard. Apprendre à comparer des hauteurs, estimer une inclinaison, repérer un axe ou sentir un rapport de proportion fait partie du travail du dessinateur.

Les pochoirs relèvent davantage de l’aide ponctuelle. Ils peuvent servir pour certains motifs, pictogrammes ou éléments décoratifs. Toutefois, ils apportent peu à la progression en dessin d’observation. Utilisez-les donc avec discernement.

Le calque et les outils de transfert

Le papier calque aide à tester une modification sans abîmer le dessin d’origine :

  • déplacer un élément
  • corriger une proportion
  • simplifier une ligne
  • préparer une variante

 

Ces outils ont leur place dans une pratique structurée, mais ne doivent pas servir à éviter la construction. Reporter une forme peut être utile, mais ne plus jamais apprendre à la construire soi-même devient un frein.

Le chevalet, la planche à dessin et le support incliné

La manière d’installer votre feuille change votre dessin. À plat sur une table, on travaille souvent avec le poignet et les doigts. Sur un support incliné ou vertical, votre bras intervient davantage, le geste gagne en amplitude et l’œil perçoit mieux l’ensemble de la feuille.

Certains outils améliorent votre confort pendant vos séances de dessin

Une planche à dessin permet de travailler sur un support stable, même avec des feuilles volantes. Elle facilite aussi le dessin en extérieur ou les formats plus grands. Un chevalet devient intéressant pour la peinture, les grands formats, les études longues ou les exercices où la distance avec le sujet compte.

Un support incliné contribue au confort de travail. Il limite certaines déformations dues à la perspective de la feuille posée à plat. Par ailleurs, il aide à la prise de recul sur les proportions.

Les pinceaux, réservoirs d’eau et accessoires pour techniques mixtes

Les pinceaux deviennent nécessaires avec les crayons aquarellables, l’encre, le lavis ou certaines techniques mixtes. Ils permettent de diluer, étendre, fondre et déplacer la matière.

Un pinceau à réservoir d’eau peut être pratique en extérieur ou en carnet de voyage. Il évite de transporter un pot d’eau. Pour des effets plus maîtrisés, des pinceaux classiques restent plus précis.

Quel matériel choisir selon votre pratique et votre niveau ?

Si vous avez encore du mal à faire le tri, ce tableau peut vous aider à partir du bon endroit. Il ne remplace pas l’expérimentation, mais il donne des repères simples selon votre manière de dessiner.

Votre pratique

Matériel à privilégier

À éviter au départ

Vous débutez complètement

Un papier simple, un crayon HB, un crayon 2B ou 4B, une gomme blanche, un taille-crayon

Les grandes boîtes très complètes, les papiers trop précieux, les accessoires spécialisés

Vous voulez dessiner régulièrement sur un carnet

Un carnet solide, un crayon polyvalent, une gomme propre, une trousse légère

Le matériel trop encombrant, qui rend chaque séance compliquée à installer

Vous travaillez le portrait au graphite

Un papier à grain fin, quelques crayons graphite, une gomme mie de pain, une gomme de précision

L’estompe utilisée partout, les noirs posés trop vite, les papiers qui supportent mal le gommage

Vous aimez le croquis rapide

Un carnet facile à ouvrir, un crayon HB ou 2B, peu d’accessoires

Les outils qui ralentissent le geste ou transforment chaque croquis en dessin fini

Vous dessinez en extérieur

Un carnet résistant, deux ou trois outils au maximum, une pochette de transport

La trousse complète, les feuilles mal protégées, les formats difficiles à manipuler dehors

Vous explorez le fusain ou le pastel

Un papier à grain marqué, un chiffon, une gomme mie de pain, un fixatif, une protection pour les feuilles

Les papiers trop lisses, les dessins rangés sans protection

Vous travaillez à l’encre ou aux feutres

Un papier lisse et résistant, des liners ou stylos adaptés, une feuille de test

Les papiers trop absorbants, les traits posés sans essai préalable

Vous utilisez les crayons de couleur

Un papier à grain fin ou moyen, une gamme limitée de couleurs, un geste progressif

Les couches trop appuyées dès le départ, les grandes boîtes utilisées sans intention

Vous voulez progresser sans vous disperser

Un papier à grain marqué, un chiffon, une gomme mie de pain, un fixatif, une protection pour les feuilles

Acheter un nouvel outil à chaque difficulté rencontrée

En somme, le choix de votre matériel pour dessiner doit avant tout vous aider à créer un environnement de travail adapté à votre pratique. Le reste viendra avec l’expérience. Vous ajouterez un outil parce qu’un besoin apparaîtra. C’est ainsi que le matériel devient un compagnon de progression, non une collection d’objets rangés dans un tiroir. Et si vous souhaitez aller plus loin que le choix des outils, notre formation dédiée aux bases du dessin vous aide à structurer votre pratique pas à pas : observer plus justement, construire vos formes, comprendre les valeurs et avancer avec des repères clairs.

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