Composer un paysage : de la structure au chaos

composer un paysage

Ces 5 dernières semaines, avec le groupe premium ( le groupe qui, chaque année construit avec nous les nouvelles formations ) nous avons travaillé sur le workshop  » Paysage sensible ».

Bon.. ce titre n’est pas foufou, mais il exprime une chose importante :

Dessiner ou peindre un paysage ce n’est pas faire une photocopie de son sujet mais traduire ses sensations et assumer un point de vue.

Composer un paysage

Avant d’aborder le sensible, nous avons démarré ce workshop par la structure du paysage.

Car c’est bien le thème de l’année : la composition.

  • habiter son cadre
  • répartir les poids et les équilibres
  • agencer les éléments
  • créer une hierarchie visuelle et narrative

Structure du paysage

Nous avons vu comment faire coïncider la structure du sujet (horizon, chemins, troncs) avec la grille implicite du support (tiers, quarts, diagonales) pour proposer à l’oeil une image lisible.

L’oeil – le votre ou tout autre qui regarde votre dessin – aime en effet l’ordre et la géométrie.

Il peut s’agir d’une géométrie ultra contrôlée à portée poétique ou philosophique, comme le faisaient les maîtres anciens en utilisant des grilles harmoniques ( porte d’harmonie, carrés ciel-terre, carré Charles VII). Comme d’une géométrie plus intuitive reposant sur de simples schémas.

Les membres du groupe ont donc commencé ce workshop en allant se promener, crayon et carnet à la main, pour saisir les organisations géométriques des paysages qui attiraient leur attention.

 

Puis nous avons travaillé l’anomalie, qui vient perturber l’ordre d’une composition bien réglée et quelque part, par contraste, la révéler.

Troubler l’ordre

Nous avions en tête ce sublime dessin de Victor Hugo, cet arbre comme un point d’interrogation, de tâches noires rongé, surplombant ce calme horizon.

On a parlé rythmes, répétition et incidents. 
Et comment trouver l’équilibre entre Ordre et Chaos
Structure et Variété.
Organisation et Improvisation.

 

Et enfin, nous avons temporairement tout oublié en allant nous promener du côté de l’incident ou du moins d’un incontrôlé.

Matière imprévisible de l’eau ou du monotype, supports froissés ou rugueux, gestes quasi abstraits, arrachements, grattages.

Pour réaliser qu’on n’avait rien oublié.
Et que Structure et Chaos co-existaient merveilleusement ensemble. 

 

Formidables ces dessins des membres non ? 
​Si vous êtes abonné.e sur un autre atelier, retrouvez-les dans la chaîne du workshop. 
Si vous n’êtes pas encore abonné.e, retrouvez-en une sélection juste ici. 

Ce qui m’a frappée dans les travaux du groupe à l’issue de ce workshop, vous l’aurez compris, ce n’est pas tant la progression « technique », le gain de virtuosité d’une hachure ou d’un dégradé.

C’est ce déplacement.

On a vu apparaître : 

​=> Des textures inattendues : du papier froissé devenu relief de roches ou des encres diffusées transformées en brumes.

​=> Des systèmes inventés pour suggérer plutôt que décrire : grattages qui révèlent des lumières, puzzle de tâches ou masses très simples qui suffisent à faire exister un espace

Mais le tout tenu par une conscience du cadre et de son organisation interne. 

Des images moins “scolaires ”, plus assumées, plus libres.
Et une capacité nouvelle à ne pas tout dire.
Pour mieux dire.

Et les règles de composition alors ?

L’été dernier lorsqu’on a monté ce programme de workshops composition, un paquet de membres s’attendaient ( je crois bien) à ce que nous délivrions des règles de composition.

Des règles comme  » mettez toujours l’horizon au premier tiers » 

Des règles qu’il suffirait de connaître et d’appliquer pour que bim, magie, 🪄 ça fonctionne.

C’est rassurant les certitudes, et confortable en un sens.
Puisqu’il n’y a rien à questionner, rien à choisir, rien à s’approprier.

Mais si l’art était fait de certitudes, nous dessinerions tous la même chose, tout le temps.

En dessin/peinture, il ne s’agit pas exactement de règles, mais plutôt de moyens qui servent des intentions. 
Partir à la rencontre de ces moyens, conscientiser les moyens, c’est découvrir ses propres intentions, au fil des mois et des dessins.
C’est confrontant mais c’est ce qui permet in fine des productions sincères et singulières.

Les règles de composition héritées du passé, dans lesquelles nous pouvons joyeusement puiser aujourd’hui ne sont que le reflet des intentions d’une époque.

🎁 Cadeau !

Je vous offre donc aujourd’hui ce petit pdf, extrait du workshop, sur L’évolution du genre du paysage et de ses règles de composition dans l’histoire de l’art

🎁 💾 WS5-2Desseinstatutetreglesdupaysage2 (1).pdf

Les autres leçons du workshop sont bien plus agréables à regarder en vidéo et surtout sont tissées les unes aux autres et bien sûr réservées aux membres 😉

Alors si vous êtes abonné.e n’hésitez pas à suivre ce workshop, désormais accessible à tous.
Et bien sûr , si vous n’êtes pas encore abonné.e rejoignez la communauté en vous inscrivant juste ici !

Et dire que je pensais ne pas aimer dessiner le paysage…. Mon regard, et ma pratique, ont radicalement changé.
La faute à cet excellent workshop où j’ai appris à regarder la nature. Depuis, tout est paysage…

Sylvia G.

(merci Sylvia 🙏😊)

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